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Harry dans tous ses états - Jean Désy

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HARRY DANS TOUS SES ÉTATS

par Jean Désy, écrivain et médecin


Le film « Harry dans tous ses états », de Woody Allen, pourrait très bien servir de déclencheur à cette question : l'acte créateur est-il possible au sein du « réel habituel », dans la réalité quotidienne? Dans cette œuvre, Woody Allen s'expose personnellement plus que jamais. Le créateur/écrivain Harry Block, l'alter ego de Woody, étale plusieurs de ses fantasmes, prenant du même coup conscience des difficultés qu'il peut y avoir à rester en contact avec le réel, avec ses femmes, ses amis, ses amours, son enfant. La seule chose vraiment solide qui retient Harry à la vie, c'est la création littéraire, là où le fantasmatique s’exprime à pleines pages. Dans un interview donné à « Bouillon de culture » Woody Allen avouait d’ailleurs se considérer d'abord comme un écrivain, mais un écrivain qui en était venu à la réalisation cinématographique pour que personne ne tronque ses oeuvres. Dans « Harry dans tous ses états », Harry/ Woody se sert donc de sa propre réalité pour nourrir la fiction. Harry parvient cependant plutôt mal à en cerner les limites. De fait, il ne cesse de faire éclater les tabous, de transgresser les limites. Il boit, prend des médicaments, finissant même par passer très près de la « dissolution ». En effet, lors d’un moment extrêmement éprouvant, après la mort de son ami Richard, Harry devient flou. Son corps n'est plus « au focus ». Seule une prostituée parviendra à le sauver. Mais parlons du film dans le détail.


Scène 1 : Ken, un personnage créé par Harry, trompe sa femme dans une maison de campagne avec Leslie, sa belle-soeur, alors que Janet (sa femme) se trouve à l’extérieur, près d'un lac. Lorsque Ken et Leslie se font prendre sur le vif par la grand-mère aveugle, celle-ci demande à Ken : « Tu aimes les oignons? » En train de jouir, Ken répond : « Oui, oui, oui ! » La grand-mère de s’exclamer : « Eh bien, voilà ce que c'est qu'aimer les oignons! »


Scène 2 : Lucy, furibond, arrive à l’appartement de Harry. Elle lui en veut d'avoir tout révélé à propos de leur relation dans son dernier bouquin. C’est qu’il n’a fait que changer son nom de Lucy en Leslie, et celui de Jane en Janet. Le reste, mis à part quelques détails, est fidèle à la réalité. D’abord, Lucy dit qu’elle veut se tuer. Harry lui répond qu’il la connaît : elle ne se tuera pas. Puis Harry fait le terrible lapsus de la confondre avec Leslie. En colère, celle-ci le menace avec une arme à feu : « Il vaut mieux tuer le sorcier maléfique pour qu'il cesse de tisser de l'or avec les fils de la misère humaine. » Harry se sauve sur le toit de l’édifice où elle le poursuit. Là, il se défend comme il peut en lui racontant une histoire, la sienne, lorsqu’il était jeune écrivain.


Scène 3: Histoire d’Arvie Stein. Il travaille comme vendeur dans un magasin de chaussures. La nuit, il écrit. Comme il le dit lui-même, il se trouve en état permanent d' « hyper excitation sexuelle ». Il doit se confier à un psychiatre. Intéressant de noter que Woody Allen a lui-même vécu plusieurs psychanalyses depuis l'âge de vingt ans ! (Il a maintenant 68 ans). Sous la recommandation d'un ami, Arvie emprunte l'appartement de Mendel Birmbaum afin d’y inviter une prostituée. Mais le propriétaire a été victime d'un accident de la route. Le spectre de la mort vient cogner à la porte pour chercher Mendel. Arvie ouvre, habillé avec le peignoir de Mendel, et est happé par la mort. Cette histoire fait rire Lucy, ce qui l'empêche de tuer Harry.


Scène 4 : Harry se retrouve chez le psychiatre en train de raconter sa mésaventure avec Lucy. « Vous avez été sauvé par votre plume », dit le psychiatre. Noter que cette question restera fondamentale tout au long du film : c’est la fiction qui sauve la vie de l'écrivain. En guise de conclusion, Harry dira : « Je vous aime, mes personnages. Plusieurs fois, vous m'avez sauvé la vie. » Ce n'est pas tant le monde de la réalité qui anime Harry/Woody que celui de ses propres personnages, de ses inventions, créés à sa manière et à sa ressemblance, de façon à rendre sa vie moins intolérable. Voilà une explication parmi d’autres à cette nécessité qu’ont les humains de s’adonner à la création, qu’elle soit artistique ou scientifique : le monde de la réalité se montre ou trop plat ou trop rude, quasiment toujours intolérable. De son propre aveu, c’est la platitude du quotidien qui mettait Albert Einstein en état de création. Ce qui fait créer Woody Allen, c’est son intolérance face à l’état du monde, ce qui lui fait dire à Harry : « Me voilà, six psys plus tard et trois femmes plus tard, et rien n'a changé. [...] Je ne suis jamais devenu adulte. [...] Est-ce que le président des Etats-Unis veut se taper toutes les femmes qu'il voit? Mauvais exemple! [...] Je ne m'intéressais pas au monde du réel. Je ne m'intéressais qu'au monde de la fiction. [...] Je ne suis plus intéressé à mon roman depuis que j'ai touché à une avance. » Harry cherche quelqu'un pour l'accompagner à une réunion qui doit se tenir à son ancienne université (Adair). Là, on souhaite en effet lui décerner un prix, même s’il a déjà été renvoyé de cette institution pour avoir tenté de donner un lavement à la femme du doyen. Le voyage vers l’université devient le fil conducteur de tout le déroulement de film, un scénario sur lequel travaille Harry. Le psychiatre le fait parler de cette nouvelle qu'il a écrite, celle du « comédien flou ».


Scène 5: Robin Williams joue un acteur qui n'est pas au focus. Son réalisateur lui recommande de se reposer afin qu’il « se remette au point. » Le comédien ne peut plus jouer. Sa famille doit porter des lunettes pour ne pas avoir la nausée en le regardant. Voilà le flou de la névrose, une névrose assez grave puisqu’elle ne se résorbe pas facilement, pour qu’elle soit la cause d’une grande angoisse. La réalité perd son essence. L’acteur, joué par Robin Williams, ne peut plus s'incorporer au réel. Sa famille supporte la chose très difficilement. Métaphore de la vie de Harry.


Scène 6 : Toujours chez le psychiatre, Harry se fait dire : « Ce que vous voulez, c'est que les autres s'ajustent à votre distorsion. » Voilà une allusion directe au personnage créé par Harry. Mais qui est flou? L'acteur, ou le monde ambiant? Qui doit s'ajuster à la réalité : le seul névrosé ? Ne serait-ce pas à la réalité de s'ajuster parfois aux humains grâce la fiction et à l'imagination créatrice ? Harry s’écrie : « Mon seul capital dans la vie, c'est l'imagination ! » Le psy lui recommande alors d'amener son fils à la remise de son prix.


Scène 7: L'ex-femme de Harry ne veut absolument pas qu'il amène leur fils à l’université. Elle est en colère, lui reprochant d'apprendre à leur fils des phrases comme : « Dieu me branle. »


Scène 8: À l'école, Harry et son fils discutent. Harry lui explique que Freud a dit que « l'important dans la vie, c'est la profession et le sexe ». 


Scène 9: Histoire d'Epstein. Celui-ci a fini par épouser sa psy. Cette histoire est calquée sur ce qui est vraiment arrivé à Harry, qui a marié sa psy. « C’était, du point de vue d'Epstein, un mariage idéal. Enfin une femme qui le comprenait. » Harry d’avouer à sa femme : « Toutes mes perversions, tu les acceptes. » Pendant qu’Harry écrivait, Joan, sa femme-psy, recevait ses patientes. Mais tout changea après la naissance de leur fils. Joan devint une « Juive puissance mille ». 


Scène 10 : Harry fait la rencontre de son ami Richard. Celui-ci se plaint de douleurs au bras gauche et à la poitrine. Harry lui confie que sa mère est morte en le mettant au monde, ce que son père ne lui a jamais pardonné. « Tu sais, lui confie-t-il, j'ai la panne de l'écrivain. » Quand le médecin apprend à Richard que sa douleur n’est pas grave,  causée par une simple bursite au coude, Harry s’exclame : « Les mots les plus doux à entendre ne sont pas « je t'aime », mais « c'est bénin ».


Scène 11: Fay annonce à Harry qu'elle va se marier avec Larry, son meilleur ami. Assommé par la nouvelle, Harry s’écrie : « Larry, c'est le diable ! Quand Larry est dans le coin, ça sent le soufre ! » C’est que Harry aime toujours Fay, une groupie qui a été sa maîtresse, mais à qui il a recommandé de ne pas tomber amoureuse de lui. 


Scène 12: Harry reçoit une prostituée à son appartement. Il lui dit : « Tu vas m'attacher. Tu me cognes un peu. Ensuite tu me fais une pipe. [...] Cookie, tu es une véritable artiste. Tes lèvres ont une place au British Museum. » Harry boit, prend des pilules, se reproche le fait de ne pas avoir pu s'attacher Fay. « Qu'est-ce qui te fait déprimer ? » lui demande Cookie. « Ma faillite spirituelle, répond Harry. Je suis vidé. J'ai peur. Je n'ai pas d'ami. Ca me faisait moins peur d'attendre la révolution que maintenant d'attendre Godot. » Harry a alors l’idée d’inviter Cookie pour sa visite à l'université.


Scène 13 : En compagnie de Fay, au restaurant, Harry fait allusion à leur première rencontre.


Scène 14: Harry a rencontré Fay en allant à un rendez-vous avec
Lucy, la soeur de sa femme, qui l'avait invité à la rejoindre à l'hôtel. Harry est joué par Ken. Dans le film, la réalité de Harry devient de plus en plus emmêlée à celle de ses personnages. Harry mêle sa réalité à la fiction afin de comprendre mieux sa propre vie, mais aussi pour tenter de s'en sortir. Le créateur crée ainsi par obligation. Sans création de personnage, le réel se ferait étouffant et sans sens. L'intellect du créateur ne comprend plus ce que son coeur et son irrationalité lui font faire ou dire. Bientôt, Harry et Ken échangent dans la réalité du film. 


Scène 15: Toujours avec Fay, au restaurant. Harry a des moments de lucidité. Avec innocence, il insiste pour que Fay ne tombe pas amoureuse de lui. « J'ai trop de folies et de phobies en moi. Tu es tombée amoureuse de mon oeuvre. » Fay lui réplique qu'elle aime son oeuvre, son imagination. Harry lui répond : « Ne tombe pas amoureuse. Nous ne sommes pas des êtres de fiction. »


Scène 16 : Le kidnapping. Harry, accompagné de Cookie et de son ami Richard, kidnappe son fils pour qu’il aille à l'université avec eux. Dans l’auto, c'est la fête. Tout le monde chante. Harry s'arrête à une fête foraine. Il se souvient alors d’une discussion qu’il a eue avec Jane, alors qu’elle ne voulait pas d'enfants. Il lui avait dit : « Chérie, tu souffres d'une fusion nucléaire prémenstruelle! » Ken apparaît alors. Sur le coup, Harry ne le reconnaît pas : « C'est toi qui m'a créé et tu ne me reconnais pas? s’écrie le personnage. [...] Je suis toi, à peine déguisé ! » Ken fait alors la morale à Harry : « Moi, tu ne peux pas me bluffer. Je ne suis pas comme ton psy. Je connais la vérité. Tu ne peux me bluffer. » Woody Allen se permet ici une autre vérité sur son compte. Après trente ans de psychanalyse, son intelligence lui a permis de maîtriser plusieurs aspects de la psychologie et même de déjouer la plupart de ses thérapeutes. Il s'est servi de la psychiatrie pour comprendre sa vie, soit, mais aussi pour bluffer. Les seules personnes avec lesquelles Woody/Harry ne peut jouer, les seules gens avec lesquels il ne peut bluffer, ce sont ses personnages, ses propres créations, celles issues de sa fiction, qui révèlent ce que même son intellect ne pouvait reconnaître. Woody Allen fait donc ici une espèce d’apologie de la valeur irrationnelle de la création artistique, se rendant compte des limites de la raison raisonnante et de l’intellect. Par la voix de Ken, Woody/Harry apprend qu'il est confronté à sa « véritable » voix intérieure, voix qui ne dit pas des choses aussi roses ou jolies que ce que l'autre voix, plus « intelligente » et plus capable d’explications rationnelles, parvient à ratiociner. 


Scène 17:  Lucie apprend par la bouche de sa soeur, Jane, qu'elle a été remplacée par Fay Sexton. Lucy dit : « Tu sais que tous nos sentiments sont irrationnels. »


Scène 18:  Dans l'auto, toujours en direction de l'université, Harry s’exclame : « Moi, dans mon immaturité, j'ai conservé un côté  enfantin. »


Scène 19:  Avec Fay, chez lui, à son appartement. C'est le jour de l’anniversaire de Harry. « Tu es trop bonne avec moi. C'est moi, le petit garçon de cette histoire, et je ne sais pas aimer. » Fay rétorque qu'il aime son fils. « Mais c'est facile d'aimer un enfant. [...] Les femmes, c'est plus compliqué. » 


Scène 20: Chez sa soeur Doris, mariée à un Juif orthodoxe. Harry et soeur se querellent. Harry lui reproche d'avoir marié un zélote : « La tradition est une illusion de la permanence. La religion favorise l'exclusion. » Et Doris de répliquer : « Tout dans ta vie n'est que cynisme, nihilisme et orgasme. » Harry lui répond : « En France, je serais élu avec un slogan pareil! » Par cette scène, Woody Allen avoue plus que jamais son athéisme foncier, sa méfiance toute contemporaine envers ce qui est religieux. À ce propos, il se rapproche diablement des visions du monde de Freud ou de Marx. Doris lui rappelle avec dédain une histoire qu'il a écrite pour se moquer des Juifs, mettant en scène un couple marié depuis trente ans. Un jour, l’homme a tué à coups de hache sa femme, son amie et ses deux enfants avant de les manger! Max représente l'Ogre de la fable. Pourtant, par la suite, il sait redevenir un bon père de famille. On peut considérer que Max représente la figure du père de Harry, celui qui a toujours reproché à Harry d'avoir tué sa mère le jour de sa naissance. Harry rappelle à sa soeur que leur père était un très mauvais père. Au mari de Doris, il dit : « Je trouve que tu es l'opposé du paranoïaque. Tu tournes en rond avec l'illusion que tes semblables t'aiment. »


Scène 21: Joan, la femme de Harry, est furieuse depuis qu’elle a appris que celui-ci la trompait avec l’une de ses patientes, Emmy Pollack : « Tu es un malade mental ! » Joan cherche à étrangler Harry. « Je te savais malade mental avant de t'épouser, mais je pensais que je pourrais t'aider [...] Tu es l'être le plus irresponsable  que j'aie rencontré dans ma vie! »


Scène 22: Apparaît la psychiatre qui jouait le rôle de sa femme (Joan) dans l'histoire d'Epstein. Tout en rappellant à Harry que sa soeur l'aime bien, elle lui fait la morale : « Tu as voulu te venger de Joan et de ta soeur. [...] Joan te déteste parce que tu t'es réfugié dans un charabia de défenses ineptes. » Harry de répondre : « Le mariage, c'est pas mon truc. »


Scène 23 : Fay rencontre Larry dans un magasin. Larry avoue qu'il ne sera jamais un aussi grand écrivain que Harry. Harry et lui voulaient être pareils à Kafka. Harry prétend qu'il n'a pu devenir que le « cafard ». Dans cette scène, Harry dit que ça sent le soufre. Il demande à son fils si c'est lui qui a ouvert le jeu de chimie qu'il vient de lui offrir. 


Scène 24 : Richard meurt d'un infarctus dans l'auto. Harry est alors pris de panique. Il devient flou, tout à fait comme dans son histoire de comédien. « Moi, je suis une flaque. Tu ne vois pas. Je suis comme une énorme bavure. Je fais une overdose de moi-même. Je suis une merde. Je suis l'être le plus ignoble du monde. » Cookie de répondre : « J'ai vu pire : Hitler! » « Après Himmler et Goering, je suis le numéro 4 ! » s’exclame Harry. Enfin calmé, Harry raconte aux gens d'Adair le scénario qu'il est en train d'écrire. Il s’agit d’une descente aux enfers. Cette fois, c'est lui qui joue le personnage principal :


Scène 25 : Dans un ascenseur le conduisant aux enfers, Harry entend : « Cinquième étage : avocats, serial killers, critiques littéraires. Septième étage : les médias. Complet! Huitième étage : criminels de guerre, télé-évangélistes. Neuvième étage : tout le monde descend! Harry rencontre l’homme qui a inventé le préfabriqué. Son père se trouve là aussi, enchaîné, condamné à la souffrance perpétuelle parce que son fils ne lui a pas pardonné. Harry pardonne à son père afin de le libérer. « Je l'aime. Je l'aime, malgré tout, » dit-il au diable en lui demandant d’envoyer son père au paradis. Mais le père de Harry, juif, ne croit pas au paradis. Plutôt, il souhaite être envoyé dans un restaurant chinois. Woody Allen, athée, se sert de l'humour pour colmater les brèches de sa spiritualité. Il révèle ainsi l’une de ses plus grandes angoisses : « Nous sommes tous seuls dans l'univers, et Dieu n'est qu'une création de l'esprit. Il faut donc en rire, et rire des créations que sont l'enfer ou le paradis, et rire des religions, qu'elles soient catholiques ou juives. » Toujours en enfer, Harry dit au diable : « Tu as été un ange déchu. Moi, je suis pire. Je n'ai jamais cru en tout cela. J'ai trompé toutes mes femmes. Je mens. Je ne suis pas violent, sauf la fois où j'ai failli écraser un critique littéraire avec ma voiture. » Le diable, joué par Larry, dit : «  Pendant deux ans, j'ai géré un studio à Hollywood. Mais ces gens-là ne sont pas fiables. Harry lui dit alors qu'il va kidnapper Fay. Mais le diable lui répond : « S'il y a une chose que tu ne peux pas faire, c'est bien de kidnapper quelqu'un. »


Scène 26 : Harry est arrêté par la police, accusé par sa femme de kidnapping. Conduit en prison, il y retrouve Richard (qui est supposément mort !). Ils discutent. 


Harry : -- Je ne suis pas doué pour la vie.

Richard : -- Tu écris bien. 

Harry : -- Je ne sais pas fonctionner dans le monde. 

Richard : -- Tu apportes du plaisir à bien du monde. Vivre, c'est être heureux, crois-moi. Je sais de quoi je parle.  


La caution est payée par Larry et Fay qui viennent de se marier. Il veulent la bénédiction de Harry. Comme celui-ci hésite, Larry lui dit : « Tu es le parfait trou du cul qui va se faire enculer par tous les détenus. » Woody Allen, réalisateur, se montre sous un jour très peu censuré dans « Harry dans tous ses états ». Harry explique ainsi à Cookie qu'il la paie pour qu'elle le batte, un peu, puis qu'elle lui fasse une pipe. Il faut remarquer que plus le temps passe dans l’œuvre de Woody Allen, plus la censure s’atténue. Avec « Harry dans tous ses états », on est loin de « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais oser le demander. »


Scène 27 : Harry se retrouve chez lui, seul, devant sa machine à écrire. Il est invité à une cérémonie par les gens de l'université qui ne l'ont pas oublié. Il dit : « Je rêve ! » Un professeur lui répond : « Tout le monde rêve. » Harry dit : « Je peux inviter Élie? » Le professeur : « C'est votre rêve. Après tout, vous nous avez tous créés. » Harry remercie tous le monde, tous ses personnages : « J'aime chacun de vous. Vous m'avez même sauvé la vie plusieurs fois. » Quelqu’un conclut : « Voilà un type qui fonctionnait mal dans la vie, mais qui ne sait que fonctionner dans l'art » Une étudiante de dire : « Quand on gratte, on trouve de la joie sous le vernis de tristesse. » À propos de Harry, Woody Allen a dit que son personnage n’était pas dramatique, mais triste. Harry se retrouve chez lui, après ce rêve, avec l'envie d'écrire ce qui va être le scénario du film : « L'histoire d'un personnage qui est trop névrosé pour fonctionner dans la vie mais qui ne peut fonctionner que dans l'art. »


Quelle boucle! Véritable chef-d'œuvre. Merci, Harry/Woody.


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CItation

« Il s’agit évidemment non pas de se convertir à un optimisme béat, qui passerait sous silence les injustices de ce monde. Mais à un optimisme d’action, “de volonté”, pour reprendre la formule d’Alain, voire de combat. »

Dominique Nora (en introduction au magazine L’Obs du 16 août 2018 abordant le thème « Et si le monde n’allait pas si mal… Voyage chez les “nouveaux optimistes” »)

Bande annonce du film

 

INVITATION

Vous êtes cordialement invités à un lancement de livre qui porte sur un sujet qui vous tient peut-être à cœur : « Santé et maladie au cinéma. L’Éclairage des sciences humaines et sociales ». En espérant vous voir nombreux.

Nicolas Vonarx

Pour carton d'invitation cliquer ici!