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Chroniques

Une femme en guerre

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Commentaire sur le film UNE FEMME EN GUERRE de Bénédikt Erlingsson

par Marcel Gaumond

Sommes-nous suffisamment conscients de la détérioration sans précédent de l’état de notre maison commune, fragilisée par les perturbations climatiques, et de « la menace immédiate et potentiellement irréversible pour les sociétés humaines et la planète », dont les conséquences entraînent l’insécurité, les mouvements de réfugiés, des pertes et des préjudices définitifs, et qui constitue « un sujet de préoccupation pour l’humanité tout entière »? Cf. : Accord de Paris : Projet de décision/COP21

Thomas De Koninck et Jean-François de Raymond. Premières lignes du manifeste Beauté oblige. Écologie et dignité, P.U.L., nov. 2018

Le poète a toujours raison

Qui voit plus haut que l'horizon

Et le futur est son royaume

Face à notre génération

Je déclare avec Aragon

La femme est l'avenir de l'homme

Refrain de la chanson de Jean Ferrat « La femme est l’avenir de l’Homme »

UNE FEMME QUI VEILLE SUR L’AVENIR DE L’HOMME

Un Pacte et un Manifeste pour éviter l’Effondrement

Le 4 février, au moment d’amorcer la rédaction du texte de ma chronique sur le magnifique film UNE FEMME EN GUERRE, j’ai pu lire dans Le Devoir l’annonce de la demande adressée par six anciens ministres de l’Environnement du Québec au gouvernement Legault, à l’effet d’adopter le projet de loi sur le climat soumis en décembre dernier par Dominic Champagne, au nom des signataires du Pacte pour la transition. Un pacte dont le texte des premières lignes est le suivant « . »

« La science le dit clairement : nous sommes entrés dans une ère de bouleversements climatiques et il y a urgence. Le Secrétaire général des Nations Unies a déclaré: «Nous avons deux ans pour agir sous peine de conséquences désastreuses ». Il en appelle à la société civile de tous les pays. Nous répondons présents. L’urgence de la situation exige une mobilisation sans précédent et de vigoureuses actions collectives pour protéger le monde dans lequel nous vivons, l’eau, l’air, les sols qui nous nourrissent, nous et nos enfants. La science nous dit aussi qu’il est technologiquement, humainement et économiquement possible de limiter le réchauffement de la planète. La solution passe par la volonté politique. »

La lecture de ce Pacte pour la transition m’a bien évidemment rappelé les stimulantes Rencontres du Ciné-psy que nous avons eues en juin 2016 sur le film Demain avec Claudia Déméné comme conférencière, et plus récemment, en octobre 2018, sur le film Qu’est-ce qu’on attend ?, cette fois avec Clément Laberge comme conférencier. Demain nous présentant plusieurs de ces initiatives qui sont en voie de réalisation sur la planète et qui nous offrent d’heureux, créatifs et efficaces modèles de transformation du rapport de l’homme avec la nature. Qu’est-ce qu’on attend ? illustrant pour sa part l’un de ces modèles dans l’initiative prise par Jean-Claude Mensch, maire de la petite ville alsacienne d’Ungersheim, de faire de celle-ci une « ville de transition énergétique » impliquant un souci de souveraineté alimentaire, une utilisation minimale d’énergies fossiles et un respect tangible de la biodiversité. Et ce même Pacte pour la transition m’a également rappelé le manifeste Beauté oblige. Écologie et dignité que Thomas De Koninck nous avait fait parvenir, peu avant la Rencontre du Ciné-psy sur Qu’est-ce qu’on attend ?. Un manifeste que plusieurs des abonnés aux infolettres du Ciné-psy ont signé et qui fut publié en octobre dernier par les Presses de l’Université Laval, tel qu’indiqué au bas de l’extrait qui apparaît au début de cette chronique.

La lumineuse création cinématographique islandaise : UNE FEMME EN GUERRE

Au moment, donc, où ces initiatives québécoises que sont les Pacte et Manifeste ci-avant mentionnés sont prises dans l’espoir d’éviter l’effondrement écologique[1] annoncé ; au moment où de plus en plus de manifestations sont organisées dans de nombreuses villes de la planète afin d’inciter les gouvernements à agir rapidement et de façon responsable en ce sens, cette lumineuse création cinématographique islandaise qu’est UNE FEMME EN GUERRE est en voie de surgir sur nos écrans. Un film dont on a dit, lors de sa projection au dernier Festival de Cannes, qu’il a pu - chose rare ! – faire l’unanimité positive parmi les spectateurs. Un film dont le sujet - « la confrontation entre l’industrialisation d’un pays et les droits de la nature » - quoiqu’on ne peut plus sérieux, a pu être traité par son réalisateur, Benedikt Erlingsson, avec intelligence et humour, sans tomber dans le piège du pensum politiquement correct.

Halla : battante-militante et humaniste, figure hautement et symboliquement paradoxale

Au cœur et au sommet d’UNE FEMME EN GUERRE : Halla, femme dans la cinquantaine dont la belle maturité crève l’écran. Déterminée à contrer l’expansion des usines d’aluminium qui s’avèrent les plus importantes consommatrices d’énergie de ce joyau naturel qu’est l’Islande, une expansion qui ne peut qu’avoir un impact destructeur sur la Nature, elle entreprend, seule, de saboter les pylônes électriques qui transfèrent cette énergie aux usines.

« Je ne suis pas une criminelle - dira-t-elle - j’agis contre les crimes commis ». Figure paradoxale, s’il en est, car celle qui, à la façon du mythique Robin des Bois n’hésite pas à s’opposer à la société en s’attaquant à ses « temples », n’en est pas moins une grande humaniste qui, comme les photos en grand format de Nelson Mandela et du Mahatma Gandhi exposées dans le salon de sa maison le démontrent, est une adepte de la non-violence. Une humaniste dont l’engagement affectif s’exprimera tant dans son rôle de directrice d’une chorale au sein de laquelle les liens d’amitié et de solidarité entre les membres sont manifestes, tant dans la demande d’adoption d’un enfant qu’elle avait effectuée, au début de son action militante. Et ce n’est pas tout, Halla a une sœur jumelle identique, méditante, inspirée, elle, par la pratique spirituelle des Sages de l’Orient. Mais là, je n’en dis pas plus. À vous de découvrir l’importance symbolique de la nature paradoxale de Halla. À NOUS de nous engager concrètement dans ce que le Pacte, le Manifeste et le film UNE FEMME EN GUERRE nous invitent à accomplir dans notre humble mais déterminant quotidien !

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INVITATION

Vous êtes cordialement invités à une Rencontre du Ciné-psy sur le film UNE FEMME EN GUERRE avec Thomas De Koninck, Professeur émérite, titulaire de la chaire "La philosophie dans le monde actuel" & Co-auteur du manifeste "Beauté oblige. Écologie et dignité". Université Laval

  • Lieu et heure de la « Rencontre »: sous-sol de l’Église Saint-Charles Garnier située au 1215 Avenue du Chanoine Morel, Québec. De 18 h00 à 19 h (buffet préparé par le Buffet du passant) et de 19 h à 21 h 30 (conférence et échange),
  • Date de la « Rencontre »: la 24 avril 2019
  • Pour recevoir l’info-lettre: communiquer votre adresse de courriel à Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
  • Réservations: de préférence par courriel ( Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. ) ou par téléphone au 418. 683-0711.
  • Coût d’entrée: 22$ - Étudiant 15$ (incluant l’admission et le buffet)

La rencontre sera encadrée par Marcel Gaumond, Psychanalyste.

WWW.CINE-PSY.COM


[1] Effondrement que Yuval Noah Harari considère dans son 21 leçons pour le XXIe siècle, avec le problème nucléaire et la disruption technologique, comme l’un des trois facteurs menaçant l’avenir de la civilisation humaine.

 

 

 


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CItation

Notre environnement ressemble aujourd’hui à un immense filet, mouvant et dynamique, sans point de repères fixes. Le nombre de personnes ayant des difficultés à définir leur identité, leur appartenance sociale ou culturelle ne cesse de croître. Elles se sentent perdues, elles sont de plus en plus attentives aux sollicitations des nationalistes et des racistes qui leur font voir dans l’Autre une menace, un ennemi, la cause de leurs frustrations et de leurs peurs. (Cet autre, Ryszard Kapuscinski, Feux croisés, Plon, p. 48)

 

Bande annonce du film