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Chroniques

Hochelaga, terre des âmes

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Commentaire sur le film HOCHELAGA, TERRE DES ÂMES de Francois Girard

par Marcel Gaumond

« Oh Grand Esprit, souffle la paix comme tu souffles le feu, … entends mon cœur qui crie et sois sensible aux âmes qui souffrent ! »

Prière d’un chaman amérindien dans le film « Hochelaga, Terre des âmes »

« Vous savez, si vous prenez tous vos livres et les étendez sous le soleil en laissant, pendant quelques temps, la pluie, la neige et les insectes accomplir leur œuvre, il n’en restera plus rien. Mais le Grand Esprit nous a fourbi la possibilité, à vous et à moi, d’étudier à l’université de la nature les forêts, les rivières, les montagnes et les animaux dont nous faisons partie. »

Extrait de l’autobiographie de Tatanga Mani, de la Première Nation des Stoney

« J’avais un doctorat, j’étais bien mis, mais j’ai réalisé que je ne comprenais rien aux questions autochtones. »

Propos tenu par John Saul, auteur de l’ouvrage Le grand retour (Ed. Boréal) et conjoint d’Adrienne Clarkson, ex-gouverneure générale du Canada

 

UN RETOUR À LA TERRE SACRÉE


Des découvertes archéologiques qui témoignent de notre passé

Tout juste avant d’entamer la rédaction de mon texte de chronique sur HOCHELAGA, TERRE DES ÂMES, ce somptueux hommage cinématographique principalement dédié aux Premières Nations et signé François Girard, l’un de nos plus talentueux réalisateurs québécois (Trente-deux films brefs sur Glenn Gould, Le Violon rouge et Soie), à ma lecture du journal Le Soleil, je tombe sur l’article intitulé « Trésors archéologiques à l’Ancienne-Lorette ». Je cite le début de l’article…

« Les environs de l’église Notre-Dame-de-L’Annonciation sont reconnus pour être très riches historiquement. Les Hurons-Wendat s’y sont installés en 1673, à proximité de la rivière Lorette et autour d’une première chapelle animée par les Jésuites, avant de se replier en 1697 vers la «Jeune Lorette» devenue Wendake depuis. Le site a été récupéré par les colons français et occupé aussi par les Britanniques. »

Dans la suite de cet article, on apprend que dans le cadre d’un projet de construction d’un nouveau centre communautaire, des travaux d’excavation entrepris au sous-sol du presbytère ont permis la découverte d’artéfacts témoignant de l’occupation autochtone, française et anglaise sur ce site. Et l’article est accompagné d’illustrations dont celle nous montrant Xavier Daigle, de la Nation huronne-wendat et membre de l’équipe Gaia, coopérative de travail en archéologie, en train de participer aux fouilles récemment amorcées à cet emplacement.

Du Mont Royal à l’Habitation de Québec et des Nations vivant ici avant l’arrivée des « découvreurs »

Si François Girard avait pu prendre connaissance de l’existence de ce site, au moment de l’écriture du scénario de son film et si ce film n’avait pas été réalisé en lien avec la commémoration du 375ième anniversaire de la ville de Montréal dont l’emplacement du site original demeure un mystère pour les archéologues, il aurait fort bien pu asseoir son scénario sur ces récentes découvertes. Mais alors, au lieu du contact historique du 2 octobre 1535 au Mont Royal entre Jacques Cartier, Algonquins et

Mohawks, sans doute aurait-il été plutôt question de l’Habitation de Québec que Samuel de Champlain fit construire en 1608-09 et de l’alliance formée par celui-ci avec les Hurons-Wendat. Et puis au lieu de Baptiste Asigny, ce jeune chercheur amérindien qu’incarne le chanteur-rappeur Samian dans Hochelaga, on aurait eu affaire avec Xavier Daigle, personnage bien réel, cette fois.

Un hommage à Andrée Lévesque-Sioui, ambassadrice de la Huronie du temps présent

Mais là, vous qui parcourez ces lignes, vous êtes possiblement portés à croire que je veux par ce parallèle nourrir la dynamique de cette bonne vielle compétition qui existe depuis des lustres entre Montréalais et Québécois. Mais non, mais non, elle n’existe plus, n’est-ce pas, cette compétition, depuis que Valérie Plante a remplacé Denis Coderre à la mairie de Montréal et depuis que la ville de Québec a perdu ses Nordiques. Hum ! Plus sérieusement, je vous dirai le vrai motif de ce lien entre nos deux « grandes » villes que l’article ci-avant mentionné m’a inspiré à établir : rendre hommage à Andrée Lévesque-Sioui, auteure-mélodiste-interprète, pleinement engagée dans sa communauté de Wendake où elle enseigne la langue wendat. J’ai eu le privilège de vivre à son contact, lors des « Journées des Premières Nations » qui se tinrent sur le Terrain communautaire du Grand lac Saint-François, au cours des trois étés derniers, ce que HOCHELAGA, TERRE DES ÂMES, véhicule à mes yeux : le « retour à cette Terre sacrée » auquel le noble et sage chaman, comme dans un mantra, nous convie, tout au long du film.

Une déambulation sonore sur les sentiers d’un Terrain communautaire comme source de réconciliation avec Soi

Pendant ces journées dites des « Premières Nations », en conformité avec certains rituels amérindiens qui lui étaient familiers, Andrée, au son de sa voix mélodieuse et de son tambour accompagnateur, nous a invités à l’accompagner sur les sentiers du Terrain communautaire dans ce qu’elle a appelé une « déambulation sonore par la voie des cinq sens ». Ces sentiers que nous avions déjà parcourus rapidement des dizaines de fois avec un millier d’idées en tête, grâce à Andrée, à ses chants et à ses consignes, à la fois toutes sensuelles et spirituelles, nous avions tout à coup la surprise de les découvrir, c’est-à-dire, de découvrir leur âme.

Ça ne vous dit rien le mot « âme » ? Ça n’existe plus, n’est-ce pas, l’âme, depuis nos découvertes dans le domaine de la neuropsychologie et depuis l’absence de ce terme dans l’impressionnant domaine des « données probantes » à la base d’une vision scientifique du monde.

Écoutez : si ce qui n’existe plus mais vous fait tout de même encore souffrir (!), n’hésitez pas à aller voir HOCHELAGA, TERRE DES ÂMES. Il est possible qu’alors vous éprouviez un pacifiant sentiment d’étrangeté, celui que l’on éprouve, quand on se sent, malgré tout le difficile de la vie, « vraiment chez Soi » !

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INVITATION

Vous êtes cordialement invités à une Rencontre du Ciné-psy sur le film HOCHELAGA, TERRE DES ÂMES avec Andrée Lévesque-Sioui, auteure-mélodiste-interprète et enseignante.

Le mercredi 21 février 2018, de 18 h00 à 19 h (buffet) et de 19 h à 21 h 30 (conférence et échange), au sous-sol de l’Église Saint-Charles Garnier située au 1215 Avenue du Chanoine Morel, Québec.

Réservations: de préférence par courriel ( Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. ) ou par téléphone au 418 683-0711.

Coût d’entrée: 22$ - Étudiant 15$ (incluant l’admission et le buffet).

La rencontre sera encadrée par Marcel Gaumond, Psychanalyste.

WWW.CINE-PSY.COM

 

 

 

 


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CItation

« Oh Grand Esprit, souffle la paix comme tu souffles le feu, … entends mon cœur qui crie et sois sensible aux âmes qui souffrent ! »

Prière d’un chaman amérindien dans le film « Hochelaga, Terre des âmes »

« Vous savez, si vous prenez tous vos livres et les étendez sous le soleil en laissant, pendant quelques temps, la pluie, la neige et les insectes accomplir leur œuvre, il n’en restera plus rien. Mais le Grand Esprit nous a fourbi la possibilité, à vous et à moi, d’étudier à l’université de la nature les forêts, les rivières, les montagnes et les animaux dont nous faisons partie. »

Extrait de l’autobiographie de Tatanga Mani, de la Première Nation des Stoney

« J’avais un doctorat, j’étais bien mis, mais j’ai réalisé que je ne comprenais rien aux questions autochtones. »

Propos tenu par John Saul, auteur de l’ouvrage Le grand retour (Ed. Boréal) et conjoint d’Adrienne Clarkson, ex-gouverneure générale du Canada

BANDE-ANNONCE DU FILM