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Chroniques

NOS BATAILLES

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mentaire sur le film NOS BATAILLES de Guillaume Senez

par Marcel Gaumond

« MODES D'EMPLOI POUR TEMPS DIFFICILES »

« Il s’agit évidemment non pas de se convertir à un optimisme béat, qui passerait sous silence les injustices de ce monde. Mais à un optimisme d’action, “de volonté”, pour reprendre la formule d’Alain, voire de combat. »
Dominique Nora (en introduction au magazine L’Obs du 16 août 2018 abordant le thème « Et si le monde n’allait pas si mal… Voyage chez les “nouveaux optimistes” »)

LEÇONS D'HISTOIRE DU PASSÉ ET DU FUTUR

On peut se demander ce qui a principalement contribué au succès de vente phénoménal des ouvrages de Yuval Noah Harari, ce jeune historien israélien de 42 ans, praticien de la méditation Vipassana, végétalien et homosexuel. Son premier ouvrage, Sapiens. Une brève histoire de l’humanité, tout d’abord refusé par la majorité des grandes maisons d’édition israéliennes, fut ensuite traduit dans près de 30 langues, publié dans plus de vingt pays et vendu jusqu’à maintenant à plus de 12 millions d’exemplaires. Cet ouvrage, auquel s’est ajouté Homo Deus. Une brève leçon de l’avenir et puis tout récemment, en 2018, 21 leçons pour le XXIe siècle, a valu à Harari de se voir décerner par le magazine français Le Point le titre du « penseur le plus important du monde ». Alors, que trouve-t-on dans les ouvrages d’Harari qui touche à ce point les gens du monde entier?

Pour avoir lu ses deux premiers ouvrages, et au moment où je m’apprête à me procurer le troisième, je dirais que :

• Dans Sapiens, en cette époque où tant de facteurs nous font craindre le pire – les monstrueux cataclysmes allant en s’amplifiant à la suite du réchauffement de l’atmosphère terrestre, la montée du populisme et de l’extrême droite, les dictatures versions russe, chinoise et turque ayant le vent dans les voiles, la guerre entre les réseaux sociaux, ses « trumperies » et les bêtises qui y fusent par opposition à un journalisme neutre et réfléchi, l’écart grandissant et révoltant entre les plus riches et les plus pauvres, l’impact dévastateur de la sauvage et abusive exploitation des ressources naturelles de la planète, dois-je en rajouter? – certains énoncés d’Harari ont le pouvoir de nous rassurer : ceux, en particulier, où il nous fait remarquer que depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les trois problèmes majeurs de l’humanité qui l’ont depuis ses débuts menacée d’extinction – la famine, les épidémies et la guerre – ont été en voie d’être en grande partie maîtrisés. Il reviendra là-dessus au début de son deuxième ouvrage.

• Dans Homo Deus, Harari nous dresse la liste en quelque sorte des pouvoirs technologiques et autres dont l’être humain s’est emparé et qui nourrissent son espoir – aussi illusoire soit l’objectif de celui-ci – d’acquérir des pouvoirs surhumains lui donnant accès à ce que l’on a pu associer aux attributs divins : l’immortalité, la béatitude et la toute-puissance. Mais l’auteur d’Homo Deus refroidit déjà ici nos ardeurs, en nous parlant du dataïsme qui, avec à sa tête l’algorithme numérique, serait en train de devenir, après la pérenne époque de la gouvernance religieuse et puis celle relativement récente de l’humanisme, le nouveau régisseur de l’espèce humaine. D’où les 21 leçons pour le XXIe siècle qui vont suivre, car tous ces pouvoirs acquis par les êtres humains, ou du moins par une portion privilégiée d’entre eux, ne les privent pas, hélas!, d’agir d’une façon stupide.

NOS BATAILLES DU PRÉSENT

Le très touchant et intimiste film NOS BATAILLES de Guillaume Senez peut être vu dans l’optique des situations difficiles, voire dramatiques, auxquelles l’être humain est aujourd’hui confronté, dans un milieu et un quotidien tout simples dans lesquels la grande majorité d’entre nous peuvent se reconnaître. Olivier (Romain Duris) est contremaître dans un entrepôt de vente en ligne. Marié à Laura (Lucie Debay), vendeuse dans une boutique de prêt-à-porter, il est l’heureux père de Rose et d’Elliot, deux jeunes enfants beaux et sensibles qui ont le don, par le naturel de leurs jeux, de colorer la vie d’une spontanéité et d’étincelles qui nous font sentir que nous avons affaire là à tout ce qu’il y a de plus heureux comme famille.

Mais il y a un « mais » …

En sa qualité de contremaître, Olivier n’est pas tant celui qui donne des ordres de façon autoritaire que celui qui veille à ce que ceux et celles dont il a la charge aient de bonnes conditions de travail et soient respectés par la direction de l’entreprise. On s’en rend compte très vite. Il est engagé socialement et celle qui semble le plus près de lui dans son milieu de travail est la chef syndicale. Un tel engagement est exigeant en temps et émotionnellement accaparant. Si bien que même si en surface tout semble bien se passer à la maison, un drame se prépare. Son épouse est admirable dans le soin qu’elle apporte aux enfants et elle demeure discrète en ce qui a trait à ce qu’elle vit intérieurement, mais bientôt, comme si sa double charge de vendeuse et de mère était devenue trop accablante, le vent d’une sévère dépression l’emporte et lui fait quitter le domicile familial, sans explication et sans donner d’adresse.

Et c’est au tour d’Olivier, à partir de là, d’avoir à assumer la double charge de personne engagée socialement et de père responsable. On peut imaginer, avant même d’avoir vu ce film qui sait si bien refléter l’ordinaire difficile de la vie, comment celui-ci sera susceptible de réagir : accablement, incompréhension, colère, risque d’effondrement? À l’ère actuelle dite postmoderne, l’individu est coupé de ses racines culturelles et religieuses qui lui dictaient une façon de vivre et donnaient un sens à ses souffrances. Désorienté, désenchanté et livré à lui-même, il court le risque de s’enfoncer de plus en plus dans une détresse qui, bientôt, prendra le nom de dépression. D’où l’importance du soutien qu’a pu trouver Olivier auprès de ses proches et c’est la leçon, je pense, que nous livre NOS BATAILLES : dans le plus noir de nos épreuves, que des mains se tendent vers nous et nous voilà sauvés du pire, parés comme le phénix à renaître de nos cendres.

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INVITATION

Vous êtes cordialement invités à une Rencontre du Ciné-psy sur le NOS BATAILLES avec Louis-Paul Nolet, psychologue

Le mercredi, 28 novembre, de 18 h00 à 19 h (buffet préparé par le Buffet du passant) et de 19 h à 21 h 30 (conférence et échange), au sous-sol de l’Église Saint-Charles Garnier située au 1215 Avenue du Chanoine Morel, Québec.

Réservations: de préférence par courriel ( Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. ) ou par téléphone au 418. 683-0711.


Coût d’entrée: 22$ - Étudiant 15$ (incluant l’admission et le buffet)


La rencontre sera encadrée par Marcel Gaumond, Psychanalyste.

 

 


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CItation

« Il s’agit évidemment non pas de se convertir à un optimisme béat, qui passerait sous silence les injustices de ce monde. Mais à un optimisme d’action, “de volonté”, pour reprendre la formule d’Alain, voire de combat. »

Dominique Nora (en introduction au magazine L’Obs du 16 août 2018 abordant le thème « Et si le monde n’allait pas si mal… Voyage chez les “nouveaux optimistes” »)

Bande annonce du film

 

INVITATION

Vous êtes cordialement invités à un lancement de livre qui porte sur un sujet qui vous tient peut-être à cœur : « Santé et maladie au cinéma. L’Éclairage des sciences humaines et sociales ». En espérant vous voir nombreux.

Nicolas Vonarx

Pour carton d'invitation cliquer ici!