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Le soleil est aussi une étoile

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Commentaire sur le film LE SOLEIL EST AUSSI UNE ÉTOILE de Ry Russo-Young
Notre environnement ressemble aujourd’hui à un immense filet, mouvant et dynamique, sans point de repères fixes. Le nombre de personnes ayant des difficultés à définir leur identité, leur appartenance sociale ou culturelle ne cesse de croître. Elles se sentent perdues, elles sont de plus en plus attentives aux sollicitations des nationalistes et des racistes qui leur font voir dans l’Autre une menace, un ennemi, la cause de leurs frustrations et de leurs peurs. (Cet autre, Ryszard Kapuscinski, Feux croisés, Plon, p. 48)
L'ÊTRE HUMAIN EST AUSSI UNE POUSSIÈRE D'ÉTOILE

NATASHA (Yara Shahidi) et DANIEL (Charles Melton)

DANIEL ET NATASHA, REPRÉSENTANTS DE L'HUMANITÉ ACTUELLE
Dans le fabuleux film LE SOLEIL EST AUSSI UNE ÉTOILE, Daniel et Natasha, rayonnants de beauté, de sensibilité et d’intelligence, font figure de représentants de l’humanité actuelle dans ce que celle-ci recèle de plus merveilleux et de plus dramatique. Adolescents n’ayant pas encore atteint la vingtaine, ils sont à l’âge où ce qui a déjà pu pendant leur enfance se développer comme traits de personnalité et comme dynamiques spécifiques va être confronté à des contacts et des événements où les décisions prises et les actions entreprises auront un impact déterminant sur leur vie future. En effet, autant il importe pour l’enfant, pendant les premières années de sa vie, d’en arriver à se détacher de son rapport fusionnel avec la mère, avec l’aide pour cela de ce que le psychanalyste Winnicott a appelé un objet transitionnel, autant il sera important pour l’adolescent – contraint d’accomplir ces tâches qui feront de lui un adulte – d’agir dans un mode favorable à son accomplissement. Nous dirons alors qu’ayant pu intérioriser la présence aimante de la Mère, il en viendra à pouvoir se réaliser avec l’appui outillant du Père.

Natasha est d’origine jamaïcaine; sa peau est noire. Si l’on vous pose la question, lecteur et lectrice de cette chronique, la question « À quoi associez-vous Natasha? », que répondrez-vous? Une descendante des esclaves africains qui ont peuplé la Jamaïque? Une admiratrice de Bob Marley, éprise de reggae et possiblement membre du mouvement rastafari? La Jamaïque, une île où vous iriez volontiers vous soustraire pendant quelques semaines aux rigueurs de l’hiver québécois, mais que vous renoncez à choisir comme destination, en raison de son « niveau élevé de criminalité violente »?

Daniel est d’origine coréenne : sa peau est jaune. Si tout comme ce fut le cas pour Natasha la question vous est posée « À quoi associez-vous Daniel? », que répondrez-vous? Aux relations tendues entre la Corée du Nord et l’Occident, avec cette menace de guerre nucléaire que Donald Trump risque d’attiser tout en prétendant la contrer?

En fait, Natasha et Daniel vivent tous les deux à New York, la plus grande ville dite des États-Désunis d’Amérique. Et aussi, l’une des plus cosmopolites du Monde. Si ce n’est que dans le but de gagner à nouveau les prochaines élections, le président actuel mise sur la construction d’un mur anti-immigration. Autant dire un mur devant permettre aux Blancs de conserver, voire d’augmenter, leur pouvoir versus ce que représentent nos deux jeunes et brillants adolescents… de couleur.

Or, à quoi ceux-ci, à l’heure actuelle, devront-ils faire face pour avoir droit dans leur futur à une vie minimalement heureuse (?) :

• La procédure d’expulsion équivalente de la dynamique du rejet : enfant d’une famille illégalement immigrée aux États-Unis, Natasha n’a plus qu’une journée devant elle pour échapper à sa déportation dans son pays d’origine.
• Le racisme, le capitalisme sauvage avec ses effets destructeurs, la peur de l’autre et tout ce que cette peur engendre comme projections négatives associées aux mœurs culturelles étrangères (religieuses, sexuelles, sociales). 

Et que détiennent-ils comme moyens pour ne pas être écrasés par ces obstacles (?) :

• La foi en ce qui émerge en eux comme nécessité et le courage d’agir conformément à cette nécessité.
• L’espoir d’y arriver et la détermination qui alimente cet espoir, « cette chose avec des plumes » (The Sun is Also a Star, p. 289).
• L’amour, le sentiment amoureux qui a jailli dès le premier moment de leur rencontre.
DESTIN DE NATASHA ET DANIEL - DESTIN DE L'ÊTRE HUMAIN
Mais nous n’en sommes là qu’au début d’une aventure nouvelle et rien n’est acquis! Bien que confusément elle éprouve en elle ce qui ne peut avoir d’autre n om que le sentiment amoureux, Natasha dira qu’elle ne croit pas en l’amour. Il ne sert à rien de rêver, de s’interroger sur sa destinée et de penser que, comme par magie, une rencontre inattendue peut en nous tout bouleverser, voire même répondre à un désir profond, providentiel et le satisfaire. Il vaut mieux –  principe de réalité oblige – s’en tenir à ce que la « science » et ses données probantes nous révèlent comme « vérités ». Devant cette ferme prise de position qu’affiche Natasha à l’ère de #MeToo, que fera Daniel?.
L'ÊTRE HUMAIN : VULGAIRE CAILLOU OU POUSSIÈRE D'ÉTOILE?
Et si Natasha et Daniel représentaient, comme proposé au début, ce à quoi le sapiens que nous sommes était confronté, que croirons-nous, que ferons-nous?

Dans son ouvrage Poussières d’étoiles (Éd. du Seuil), l’astrophysicien Hubert Reeves nous dit que, dans l’œil du télescope, la planète Mercure – nom du dieu qui dans la mythologie romaine assure la médiation entre les dieux et les hommes – éclairée par le Soleil, prend l’allure d’un diamant et que sans cet éclairage, elle ne semble plus qu’un vulgaire caillou. Ce que je suis enclin à associer au thème de la « poésie » que la Société psychanalytique de Montréal a choisi d’introduire dans deux de ses récents colloques. Lorsque la poétesse Hélène Dorion, invitée à l’un de ceux-ci, nous a livré dans ses mots une version de ce que vit l’être humain, il nous a alors fallu admettre que la vision « scientifique » que nous tentions bien intelligemment d’offrir de ce même être humain relevait d’une approche excluant l’éclairage solaire. Sans ce type d’éclairage révélant la nature de « poussière d’étoile » de l’être humain, celui-ci n’est plus, à ses propres yeux, qu’un vulgaire caillou!

Préparez-vous! Laissez votre esprit s’emplir de lumière! LE SOLEIL EST AUSSI UNE ÉTOILE sera peut-être ou plutôt sans doute le film le plus touchant que vous aurez pu voir en 2019. À la sortie du cinéma, vous aurez le cœur tout neuf!
INVITATION

Vous êtes cordialement invités à la Rencontre du Ciné-psy sur le film LE SOLEIL EST AUSSI UNE ÉTOILE avec Victor Piché, sociologue-démographe comme conférencier

Le mercredi, 5 juin 2019, de 18 h00 à 19 h (buffet préparé par le Buffet du passant) et de 19 h à 21 h 30 (conférence et échange), au sous-sol de l’Église Saint-Charles Garnier située au 1215 Avenue du Chanoine Morel, Québec.

Réservations: de préférence par courriel (  Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. ) ou par téléphone au 418. 683-0711.


Coût d’entrée: 22$ - Étudiant 15$ (incluant l’admission et le buffet)


La rencontre sera encadrée par Marcel Gaumond, Psychanalyste.


Pour recevoir l’infolettre, communiquez votre adresse de courriel à Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. .

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Une femme en guerre

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Commentaire sur le film UNE FEMME EN GUERRE de Bénédikt Erlingsson

par Marcel Gaumond

Sommes-nous suffisamment conscients de la détérioration sans précédent de l’état de notre maison commune, fragilisée par les perturbations climatiques, et de « la menace immédiate et potentiellement irréversible pour les sociétés humaines et la planète », dont les conséquences entraînent l’insécurité, les mouvements de réfugiés, des pertes et des préjudices définitifs, et qui constitue « un sujet de préoccupation pour l’humanité tout entière »? Cf. : Accord de Paris : Projet de décision/COP21

Thomas De Koninck et Jean-François de Raymond. Premières lignes du manifeste Beauté oblige. Écologie et dignité, P.U.L., nov. 2018

Le poète a toujours raison

Qui voit plus haut que l'horizon

Et le futur est son royaume

Face à notre génération

Je déclare avec Aragon

La femme est l'avenir de l'homme

Refrain de la chanson de Jean Ferrat « La femme est l’avenir de l’Homme »

UNE FEMME QUI VEILLE SUR L’AVENIR DE L’HOMME

Un Pacte et un Manifeste pour éviter l’Effondrement

Le 4 février, au moment d’amorcer la rédaction du texte de ma chronique sur le magnifique film UNE FEMME EN GUERRE, j’ai pu lire dans Le Devoir l’annonce de la demande adressée par six anciens ministres de l’Environnement du Québec au gouvernement Legault, à l’effet d’adopter le projet de loi sur le climat soumis en décembre dernier par Dominic Champagne, au nom des signataires du Pacte pour la transition. Un pacte dont le texte des premières lignes est le suivant « . »

« La science le dit clairement : nous sommes entrés dans une ère de bouleversements climatiques et il y a urgence. Le Secrétaire général des Nations Unies a déclaré: «Nous avons deux ans pour agir sous peine de conséquences désastreuses ». Il en appelle à la société civile de tous les pays. Nous répondons présents. L’urgence de la situation exige une mobilisation sans précédent et de vigoureuses actions collectives pour protéger le monde dans lequel nous vivons, l’eau, l’air, les sols qui nous nourrissent, nous et nos enfants. La science nous dit aussi qu’il est technologiquement, humainement et économiquement possible de limiter le réchauffement de la planète. La solution passe par la volonté politique. »

La lecture de ce Pacte pour la transition m’a bien évidemment rappelé les stimulantes Rencontres du Ciné-psy que nous avons eues en juin 2016 sur le film Demain avec Claudia Déméné comme conférencière, et plus récemment, en octobre 2018, sur le film Qu’est-ce qu’on attend ?, cette fois avec Clément Laberge comme conférencier. Demain nous présentant plusieurs de ces initiatives qui sont en voie de réalisation sur la planète et qui nous offrent d’heureux, créatifs et efficaces modèles de transformation du rapport de l’homme avec la nature. Qu’est-ce qu’on attend ? illustrant pour sa part l’un de ces modèles dans l’initiative prise par Jean-Claude Mensch, maire de la petite ville alsacienne d’Ungersheim, de faire de celle-ci une « ville de transition énergétique » impliquant un souci de souveraineté alimentaire, une utilisation minimale d’énergies fossiles et un respect tangible de la biodiversité. Et ce même Pacte pour la transition m’a également rappelé le manifeste Beauté oblige. Écologie et dignité que Thomas De Koninck nous avait fait parvenir, peu avant la Rencontre du Ciné-psy sur Qu’est-ce qu’on attend ?. Un manifeste que plusieurs des abonnés aux infolettres du Ciné-psy ont signé et qui fut publié en octobre dernier par les Presses de l’Université Laval, tel qu’indiqué au bas de l’extrait qui apparaît au début de cette chronique.

La lumineuse création cinématographique islandaise : UNE FEMME EN GUERRE

Au moment, donc, où ces initiatives québécoises que sont les Pacte et Manifeste ci-avant mentionnés sont prises dans l’espoir d’éviter l’effondrement écologique[1] annoncé ; au moment où de plus en plus de manifestations sont organisées dans de nombreuses villes de la planète afin d’inciter les gouvernements à agir rapidement et de façon responsable en ce sens, cette lumineuse création cinématographique islandaise qu’est UNE FEMME EN GUERRE est en voie de surgir sur nos écrans. Un film dont on a dit, lors de sa projection au dernier Festival de Cannes, qu’il a pu - chose rare ! – faire l’unanimité positive parmi les spectateurs. Un film dont le sujet - « la confrontation entre l’industrialisation d’un pays et les droits de la nature » - quoiqu’on ne peut plus sérieux, a pu être traité par son réalisateur, Benedikt Erlingsson, avec intelligence et humour, sans tomber dans le piège du pensum politiquement correct.

Halla : battante-militante et humaniste, figure hautement et symboliquement paradoxale

Au cœur et au sommet d’UNE FEMME EN GUERRE : Halla, femme dans la cinquantaine dont la belle maturité crève l’écran. Déterminée à contrer l’expansion des usines d’aluminium qui s’avèrent les plus importantes consommatrices d’énergie de ce joyau naturel qu’est l’Islande, une expansion qui ne peut qu’avoir un impact destructeur sur la Nature, elle entreprend, seule, de saboter les pylônes électriques qui transfèrent cette énergie aux usines.

« Je ne suis pas une criminelle - dira-t-elle - j’agis contre les crimes commis ». Figure paradoxale, s’il en est, car celle qui, à la façon du mythique Robin des Bois n’hésite pas à s’opposer à la société en s’attaquant à ses « temples », n’en est pas moins une grande humaniste qui, comme les photos en grand format de Nelson Mandela et du Mahatma Gandhi exposées dans le salon de sa maison le démontrent, est une adepte de la non-violence. Une humaniste dont l’engagement affectif s’exprimera tant dans son rôle de directrice d’une chorale au sein de laquelle les liens d’amitié et de solidarité entre les membres sont manifestes, tant dans la demande d’adoption d’un enfant qu’elle avait effectuée, au début de son action militante. Et ce n’est pas tout, Halla a une sœur jumelle identique, méditante, inspirée, elle, par la pratique spirituelle des Sages de l’Orient. Mais là, je n’en dis pas plus. À vous de découvrir l’importance symbolique de la nature paradoxale de Halla. À NOUS de nous engager concrètement dans ce que le Pacte, le Manifeste et le film UNE FEMME EN GUERRE nous invitent à accomplir dans notre humble mais déterminant quotidien !

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INVITATION

Vous êtes cordialement invités à une Rencontre du Ciné-psy sur le film UNE FEMME EN GUERRE avec Thomas De Koninck, Professeur émérite, titulaire de la chaire "La philosophie dans le monde actuel" & Co-auteur du manifeste "Beauté oblige. Écologie et dignité". Université Laval

  • Lieu et heure de la « Rencontre »: sous-sol de l’Église Saint-Charles Garnier située au 1215 Avenue du Chanoine Morel, Québec. De 18 h00 à 19 h (buffet préparé par le Buffet du passant) et de 19 h à 21 h 30 (conférence et échange),
  • Date de la « Rencontre »: la 24 avril 2019
  • Pour recevoir l’info-lettre: communiquer votre adresse de courriel à Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
  • Réservations: de préférence par courriel ( Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. ) ou par téléphone au 418. 683-0711.
  • Coût d’entrée: 22$ - Étudiant 15$ (incluant l’admission et le buffet)

La rencontre sera encadrée par Marcel Gaumond, Psychanalyste.

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[1] Effondrement que Yuval Noah Harari considère dans son 21 leçons pour le XXIe siècle, avec le problème nucléaire et la disruption technologique, comme l’un des trois facteurs menaçant l’avenir de la civilisation humaine.

 

 

 

Capharnaüm

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Commentaire sur le film CAPHARNAÜM de Nadine Labaki

par Marcel Gaumond

« … ne plus continuer à tourner le dos et rester aveugle à la souffrance de ces enfants qui se débattent comme ils peuvent dans ce capharnaüm qu’est devenu le monde (…) parce que l’enfance mal aimée est à la base du mal dans le monde »

Propos tenu par Nadine Labaki, réalisatrice du film Capharnaüm, au moment où elle s’est vue décerner le Prix du jury au festival de Cannes 2018.


Zain, l’enfant privé d’identité


Capharnaüm, village du consolateur

Capharnaüm, à l’origine, est le nom d’un village de pêcheurs où s’effectuait un commerce intense au temps de la vie de Jésus. Ce nom est cité seize fois dans les évangiles, soit à peine moins que la mention de Jérusalem, la « ville promise » à laquelle Moïse s’était juré de pouvoir conduire le peuple juif qu’il avait réussi à libérer de la tutelle et de l’asservissement du pharaon égyptien. Mais ancrés dans la tradition ancestrale, les Juifs de ce village s’étant montrés peu réceptifs à sa parole, Jésus aurait en quelque sorte figuré un avenir dramatique pour leur lieu de naissance, en tenant le propos suivant : « Et toi, Capharnaüm, seras-tu donc élevée jusqu'au ciel ? Non, tu descendras jusqu'au séjour des morts ! (Luc 10 : 15) ». Quoi qu’il en soit du contexte au sein duquel le fils de Marie ait prononcé ces paroles, il n’en demeure pas moins que celles-ci revêtent un caractère hautement paradoxal quand on sait qu’étymologiquement, Capharnaüm proviendrait des mots hébreuxKfar et Nahum, Kfar désignant le village et Nahum, la compassion, la consolation. Ce qui donnerait lieu au nom « Village du consolateur ».

Capharnaüm, cité sans âme

Lorsque Nadine Labaki décida de donner à son film le nom de Capharnaüm, on comprend qu’au lieu d’avoir affaire à un lieu d’accueil et de consolation où étrangers, réfugiés, migrants, sans-papiers et demandeurs d’asile seraient accueillis avec générosité, on se trouvera plutôt dans une cité sans âme où la seule chose qui importe vraiment s’appelle « le commerce lucratif ». Là où tous les temples sont convertis en centres d’achats. On comprend que l’intérêt de ceux qui sont devenus maîtres de la cité n’est pas tant la rencontre avec l’autre et l’enrichissement mutuel susceptible d’en émerger que l’exploitation des ressources de l’autre et le maintien d’un pouvoir sur lui. Quels que soient les moyens pour en arriver à cette fin. Que l’autre d’ailleurs soit notre voisin de palier auquel notre soi-disant solidarité dépendra du reflet narcissique dont il nous gratifiera, ou qu’il soit celui en qui notre regard infirme projettera l’envahisseur, le voleur et le prédateur. On comprend que dans ce territoire urbain, le vivant ne saura être respecté et protégé que s’il est porteur d’une identité caractérisée par sa nationalité, la couleur de sa peau, ses croyances, son avoir en banque, voire son sexe. « Make Capharnaüm great again » pourrait être le slogan de cette cité où le jeune Zain, réfugié syrien, et Rahil, clandestine éthiopienne, tous deux sans-papiers, personnifieront par leur histoire de vie ce que nous serions susceptibles de découvrir dans l’intimité de ces milliers de migrants du Honduras que des armes et des murs empêchent de pénétrer dans le tout-puissant pays que vous savez.

Capharnaüm-le-film

Au cœur de Capharnaüm-le-film : Zain, pré-adolescent de douze ans que des conditions de vie particulièrement éprouvantes, conjuguées à une forme d’instinct de survie exceptionnellement sensible et intelligente, rendront lucide, responsable et déterminé à combattre l’aveugle stupidité et l’inhumaine propension de son entourage à s’écraser devant son destin plutôt qu’à lui insuffler l’énergie d’une créative transformation. En observant Zain tout au long des deux heures que dure le film, qui a plus la facture d’un vibrant et engagé documentaire que d’une vertueuse et « violoneuse » fiction, on acquiert vite le sentiment, ou sinon la sensation, que nous sommes là confrontés à un reflet du monde actuel que notre petit ego, soucieux d’être à son aise et d’avoir en toutes choses et en toutes circonstances raison, s’empresse d’occulter et de dénier : Zain, faible de sa tristesse et fort de sa colère, nous met en pleine face, vous verrez, une vérité qui met à nu ce qui se cache derrière les déclamations de bien des gouvernants de notre Monde. Tout comme le fait l’enfant dans le conte Les habits neufs de l’empereur d’Hans Christian Andersen.



Devant fuir sa famille qui le contraindrait à garder le silence devant l’odieux marchandage de la vente par ses parents de Sarah, sa sœur qui vient à peine d’avoir « ses règles », à l’innocent Saïd qui ne fait là, n’est-ce pas, que s’inscrire dans la pérenne tradition de sa culture patriarcale, Zain-le-marginal osera devant les juges inculper ses géniteurs : « vous à qui je dois la vie, quelle responsabilité avez-vous assumée vis-à-vis de celle-ci ? »


Zain et Sarah

Dans ses mots, l’écrivain Tahar Ben Jelloun dira : « Le film fait le procès, de manière indirecte, de la mondialisation, accuse sans le nommer ni le montrer le régime abject et criminel de Bachar al-Assad, un chef d’État qui a massacré en toute tranquillité une grande partie de son peuple avec l’aide de la Russie et de l’Iran. Ceux qu’il n’a pas réussi à tuer se retrouvent sur les routes mendiant un lieu où survivre et peut-être mourir. »

Ce qui me fait penser à nouveau aux migrants honduriens et aussi à ce qu’évoquent les étrangers dans la chanson Les Sans-papiers de l’opéra Notre-Dame-de Paris de Luc Plamondon :

« Nous sommes des étrangers, des sans-papiers, des hommes et des femmes sans domicile. Oh! Notre-Dame et nous te demandons Asile! Asile!

Nous sommes plus de mille aux portes de la ville et bientôt nous serons dix mille et puis cent mille. Nous serons des millions qui te demanderons Asile! Asile!

Nous sommes des va-nu-pieds aux portes de la ville et la ville est dans l'île, dans l'île de la Cité. Le monde va changer et va se mélanger et nous irons jouer dans l'île. »

Puisse, oui, notre monde changer et entrer dans le jeu de la « Rencontre avec l’autre »!

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INVITATION

Vous êtes cordialement invités à une Rencontre du Ciné-psy sur le film CAPHARNAÜM avec Danièle Bélanger, professeure au département de géographie de l’Université Laval et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les dynamique migratoires mondiales.

Le mercredi, 6 février 2019, de 18 h00 à 19 h (buffet préparé par le Buffet du passant) et de 19 h à 21 h 30 (conférence et échange), au sous-sol de l’Église Saint-Charles Garnier située au 1215 Avenue du Chanoine Morel, Québec.

Réservations: de préférence par courriel ( Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. ) ou par téléphone au 418. 683-0711.

Coût d’entrée: 22$ - Étudiant 15$ (incluant l’admission et le buffet)

La rencontre sera encadrée par Marcel Gaumond, Psychanalyste.

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NOS BATAILLES

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mentaire sur le film NOS BATAILLES de Guillaume Senez

par Marcel Gaumond

« MODES D'EMPLOI POUR TEMPS DIFFICILES »

« Il s’agit évidemment non pas de se convertir à un optimisme béat, qui passerait sous silence les injustices de ce monde. Mais à un optimisme d’action, “de volonté”, pour reprendre la formule d’Alain, voire de combat. »
Dominique Nora (en introduction au magazine L’Obs du 16 août 2018 abordant le thème « Et si le monde n’allait pas si mal… Voyage chez les “nouveaux optimistes” »)

LEÇONS D'HISTOIRE DU PASSÉ ET DU FUTUR

On peut se demander ce qui a principalement contribué au succès de vente phénoménal des ouvrages de Yuval Noah Harari, ce jeune historien israélien de 42 ans, praticien de la méditation Vipassana, végétalien et homosexuel. Son premier ouvrage, Sapiens. Une brève histoire de l’humanité, tout d’abord refusé par la majorité des grandes maisons d’édition israéliennes, fut ensuite traduit dans près de 30 langues, publié dans plus de vingt pays et vendu jusqu’à maintenant à plus de 12 millions d’exemplaires. Cet ouvrage, auquel s’est ajouté Homo Deus. Une brève leçon de l’avenir et puis tout récemment, en 2018, 21 leçons pour le XXIe siècle, a valu à Harari de se voir décerner par le magazine français Le Point le titre du « penseur le plus important du monde ». Alors, que trouve-t-on dans les ouvrages d’Harari qui touche à ce point les gens du monde entier?

Pour avoir lu ses deux premiers ouvrages, et au moment où je m’apprête à me procurer le troisième, je dirais que :

• Dans Sapiens, en cette époque où tant de facteurs nous font craindre le pire – les monstrueux cataclysmes allant en s’amplifiant à la suite du réchauffement de l’atmosphère terrestre, la montée du populisme et de l’extrême droite, les dictatures versions russe, chinoise et turque ayant le vent dans les voiles, la guerre entre les réseaux sociaux, ses « trumperies » et les bêtises qui y fusent par opposition à un journalisme neutre et réfléchi, l’écart grandissant et révoltant entre les plus riches et les plus pauvres, l’impact dévastateur de la sauvage et abusive exploitation des ressources naturelles de la planète, dois-je en rajouter? – certains énoncés d’Harari ont le pouvoir de nous rassurer : ceux, en particulier, où il nous fait remarquer que depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les trois problèmes majeurs de l’humanité qui l’ont depuis ses débuts menacée d’extinction – la famine, les épidémies et la guerre – ont été en voie d’être en grande partie maîtrisés. Il reviendra là-dessus au début de son deuxième ouvrage.

• Dans Homo Deus, Harari nous dresse la liste en quelque sorte des pouvoirs technologiques et autres dont l’être humain s’est emparé et qui nourrissent son espoir – aussi illusoire soit l’objectif de celui-ci – d’acquérir des pouvoirs surhumains lui donnant accès à ce que l’on a pu associer aux attributs divins : l’immortalité, la béatitude et la toute-puissance. Mais l’auteur d’Homo Deus refroidit déjà ici nos ardeurs, en nous parlant du dataïsme qui, avec à sa tête l’algorithme numérique, serait en train de devenir, après la pérenne époque de la gouvernance religieuse et puis celle relativement récente de l’humanisme, le nouveau régisseur de l’espèce humaine. D’où les 21 leçons pour le XXIe siècle qui vont suivre, car tous ces pouvoirs acquis par les êtres humains, ou du moins par une portion privilégiée d’entre eux, ne les privent pas, hélas!, d’agir d’une façon stupide.

NOS BATAILLES DU PRÉSENT

Le très touchant et intimiste film NOS BATAILLES de Guillaume Senez peut être vu dans l’optique des situations difficiles, voire dramatiques, auxquelles l’être humain est aujourd’hui confronté, dans un milieu et un quotidien tout simples dans lesquels la grande majorité d’entre nous peuvent se reconnaître. Olivier (Romain Duris) est contremaître dans un entrepôt de vente en ligne. Marié à Laura (Lucie Debay), vendeuse dans une boutique de prêt-à-porter, il est l’heureux père de Rose et d’Elliot, deux jeunes enfants beaux et sensibles qui ont le don, par le naturel de leurs jeux, de colorer la vie d’une spontanéité et d’étincelles qui nous font sentir que nous avons affaire là à tout ce qu’il y a de plus heureux comme famille.

Mais il y a un « mais » …

En sa qualité de contremaître, Olivier n’est pas tant celui qui donne des ordres de façon autoritaire que celui qui veille à ce que ceux et celles dont il a la charge aient de bonnes conditions de travail et soient respectés par la direction de l’entreprise. On s’en rend compte très vite. Il est engagé socialement et celle qui semble le plus près de lui dans son milieu de travail est la chef syndicale. Un tel engagement est exigeant en temps et émotionnellement accaparant. Si bien que même si en surface tout semble bien se passer à la maison, un drame se prépare. Son épouse est admirable dans le soin qu’elle apporte aux enfants et elle demeure discrète en ce qui a trait à ce qu’elle vit intérieurement, mais bientôt, comme si sa double charge de vendeuse et de mère était devenue trop accablante, le vent d’une sévère dépression l’emporte et lui fait quitter le domicile familial, sans explication et sans donner d’adresse.

Et c’est au tour d’Olivier, à partir de là, d’avoir à assumer la double charge de personne engagée socialement et de père responsable. On peut imaginer, avant même d’avoir vu ce film qui sait si bien refléter l’ordinaire difficile de la vie, comment celui-ci sera susceptible de réagir : accablement, incompréhension, colère, risque d’effondrement? À l’ère actuelle dite postmoderne, l’individu est coupé de ses racines culturelles et religieuses qui lui dictaient une façon de vivre et donnaient un sens à ses souffrances. Désorienté, désenchanté et livré à lui-même, il court le risque de s’enfoncer de plus en plus dans une détresse qui, bientôt, prendra le nom de dépression. D’où l’importance du soutien qu’a pu trouver Olivier auprès de ses proches et c’est la leçon, je pense, que nous livre NOS BATAILLES : dans le plus noir de nos épreuves, que des mains se tendent vers nous et nous voilà sauvés du pire, parés comme le phénix à renaître de nos cendres.

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INVITATION

Vous êtes cordialement invités à une Rencontre du Ciné-psy sur le NOS BATAILLES avec Louis-Paul Nolet, psychologue

Le mercredi, 28 novembre, de 18 h00 à 19 h (buffet préparé par le Buffet du passant) et de 19 h à 21 h 30 (conférence et échange), au sous-sol de l’Église Saint-Charles Garnier située au 1215 Avenue du Chanoine Morel, Québec.

Réservations: de préférence par courriel ( Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. ) ou par téléphone au 418. 683-0711.


Coût d’entrée: 22$ - Étudiant 15$ (incluant l’admission et le buffet)


La rencontre sera encadrée par Marcel Gaumond, Psychanalyste.

 

 

QU'EST-CE QU'ON ATTEND?

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Commentaire sur le film QU'EST-CE QU'ON ATTEND? de Marie-Monique Robin

par Marcel Gaumond

« Quand les enfants deviendront grands

Ils sauront comment sauver la planète

Ils ne feront pas les mêmes erreurs que nous »

EXTRAIT DE LA CHANSON QUAND LES ENFANTS DE PIERRE CALVÉ

Engagement de jeunes élèves d'Ungersheim

L’ALARME LANCÉE PAR LE CLUB DE ROME

Bien que, des décennies durant, les médias de la planète bleue ont fait peu de cas de l’alarme lancée par le rapport du Club de Rome paru en 1972, un rapport qui, prenant en compte la diminution des ressources naturelles non renouvelables et la dégradation de l’environnement, donnait 60 ans (2030) au système économique mondial pour s’effondrer, on doit constater que c’est dans un registre presque quotidien que les médias les plus crédibles font maintenant écho à cette alarme. Devant le coût humain et financier des catastrophes naturelles (inondations et incendies) de plus en plus nombreuses et affectant de plus en plus de gens, comment en effet continuer à nier – comme le font les climatosceptiques de type Trump et Cie – le facteur responsabilité humaine à l’égard de cette dégradation galopante? Non pas qu’il faille considérer le degré élevé du consensus scientifique à ce sujet comme fondé sur une vérité absolue et inébranlable, mais ce qui en est dit, avec les innombrables faits à l’appui – épuisement des sources d’eau potable, pollution massive des grandes villes, désertification et augmentation du niveau des océans, disparition des espèces animales et végétales (estimées actuellement à 26 000/an) – devrait logiquement nous inciter à réfléchir sur notre mode de vie et à nous mobiliser pour que celui-ci ne devienne pas rapidement pour la grande majorité de nos « frères humains » un véritable enfer.

Rappelons que « le Club de Rome est un groupe de réflexion réunissant des scientifiques, des économistes, des fonctionnaires nationaux et internationaux, ainsi que des industriels de 52 pays, préoccupés des problèmes complexes auxquels doivent faire face toutes les sociétés, tant industrialisées qu’en développement. » (Source : Wikipédia) Ce rapport commandé par les membres du Club aux chercheurs du Massachusetts Institute of Technology avait alors été traduit en 37 langues et vendu à douze millions d’exemplaires. Or, dans un autre rapport commandité et produit par les mêmes acteurs (Club de Rome et MIT), 40 ans plus tard (2012), un rapport utilisant la même méthodologie que le premier quoique avec des instruments d’analyse modernisés, on confirme la prédiction de 1972, à savoir que « tout se déroule comme prévu pour que survienne le désastre »!

Dans mon texte de chronique du Magazine Le Clap de mai-juin 2016 portant sur le film Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent, film documentaire qui est resté à l’affiche du Clap pendant 32 semaines (un record!), je mentionnais le fait qu’à ce moment un enfant mourait de la faim toutes les sept secondes. Et qu’à chaque seconde, une personne déménageait de son lieu d’origine pour des raisons climatiques, risquant par là de créer de l’animosité entre les populations : phénomène qui n’a pas manqué de se produire depuis et qui est voué à s’amplifier.

DANS LA MOUVANCE DU FILM DEMAINQU’EST'CE QU’ON ATTEND? ILLUSTRE L’HUMBLE ET SPECTACULAIRE POUVOIR DES INDIVIDUS FACE À LA NÉCESSITÉ DE RÉALISER L’IMPOSSIBLE.

« Vision catastrophique et irréaliste » que tout cela? C’est du moins dans ces termes que bien des gens que nous serions tentés d’associer à l’extrême droite ont critiqué les sonneurs d’alarme. Mais en fait, ce qui semble plus encore paralyser l’action de la majorité des humains en ce qui a trait à un nécessaire changement de mentalité et de rapport avec cette nature dont nous sommes tous et toutes issus et parties intégrantes, est ce sentiment que cette problématique écologique a une ampleur qui nous dépasse et pour laquelle « nous ne pouvons rien »! Or, c’est précisément dans le but de renverser ce sentiment que les réalisateurs du film Demain ont entrepris de documenter des initiatives observées dans plusieurs coins de notre planète illustrant la possibilité de stopper ou, à tout le moins, de ralentir cette dynamique d’autodestruction du Vivant d’ici dont des milliards d’années ont rendu possible l’éclosion et le développement. Le film documentaire QU’EST-CE QU’ON ATTEND? s’inscrit de façon tout à la fois humble et spectaculaire dans la mouvance de Demain!

Village d'Ungersheim

De façon humble, tout d’abord, car l’initiative qui est prise dans ce petit village d’Ungersheim de la France alsacienne de 2 200 habitants peut sembler, au premier abord, tout à fait insignifiante dans son rapport aux sept milliards d’humains que notre planète Gaïa tente difficilement d’abriter, de protéger et de nourrir actuellement. Il s’agit là tout de même d’une initiative couvrant tous les volets d’une écologie à caractère humain : un souci de souveraineté alimentaire, un engagement citoyen couplé d’un sentiment d’appartenance, un souci d’utilisation minimale des énergies fossiles épuisables, un respect tangible de la biodiversité, la conviction que l’on ne peut faire montre d’une responsabilité éthique à l’égard de nos frères humains qu’en s’engageant de la sorte dans un processus de « transition énergétique » et de rapport respectueux vis-à-vis de l’environnement, notre Maison à tous.

Jean-Claude Mensch, maire d'Ungersheim

… et de façon spectaculaire aussi, car ce qu’illustre QU’EST-CE QU’ON ATTEND? est un modèle de nature archétypale illustrant clairement ce que des individus habités par une mission, tel Jean-Claude Mensch, maire d’Ungersheim, sont en mesure d’accomplir dans leur contact avec ceux et celles qui les entourent. Pensons à l’impact qu’eurent des individus tels Abraham, Moïse et Jésus sur leur entourage. Pensons aussi à l’impact qu’eurent Gandhi, Mandela et Simone Veil. Mais il y eut aussi, dans le registre de la destruction assassine, Mao, Staline, Hitler et tous ces leaders actuels acclamés que je vous laisse le soin de répertorier.

La transition énergétique dans laquelle se sont engagés les citoyens d’Ungersheim, petit à petit mais sûrement, est à l’image des personnes qui humblement, mais spectaculairement aussi viennent entreprendre avec moi une démarche de transition dans leur vie : ce qui leur semble, à première vue, une tâche impossible à réaliser se révèle bientôt LA tâche à accomplir pour que leur vie acquière un sens et vaille la peine d’être vécue.

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INVITATION

Vous êtes cordialement invités à une rencontre du Ciné-psy sur le film QU'EST-CE QU'ON ATTEND? avec CLÉMENT LABERGE, travailleur indépendant dans les domaines de la culture, de l’éducation et des technologies.

Le mercredi 10 octobre 2018 de 18 h à 19 h (buffet offert par L’instemps Gourmand) et de 19 h à 21 h 30 (conférence et échange), au restaurant L’instemps Gourmand situé au 1292, av. Maguire, à Québec.

Réservations : de préférence par courriel ( Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. ) ou par téléphone 418 683-0711

Coût d’entrée : 22 $ · Étudiant 18 $ (incluant l’admission et le buffet).

La rencontre sera encadrée par Marcel Gaumond, psychanalyste.

WWW.CINE-PSY.COM

 

 


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CItation

Notre environnement ressemble aujourd’hui à un immense filet, mouvant et dynamique, sans point de repères fixes. Le nombre de personnes ayant des difficultés à définir leur identité, leur appartenance sociale ou culturelle ne cesse de croître. Elles se sentent perdues, elles sont de plus en plus attentives aux sollicitations des nationalistes et des racistes qui leur font voir dans l’Autre une menace, un ennemi, la cause de leurs frustrations et de leurs peurs. (Cet autre, Ryszard Kapuscinski, Feux croisés, Plon, p. 48)

 

Bande annonce du film